De Kidal à Bamako, sur les ruines de Barkhane, s’élève la tombe de la Françafrique

Le Mali continue d’écrire, à la force de son courage et de sa souveraineté retrouvée, les pages les plus déterminantes de la fin de la Françafrique. De la débâcle de l’opération Barkhane à la reconquête de Kidal, en passant par les récentes attaques ciblées contre les citernes de carburant, tout indique que le Mali, loin de fléchir, consolide chaque jour un peu plus son statut de tombe de la Françafrique.Barkhane : chronique d’un échec prévisibleL’opération Barkhane, qui s’était présentée comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme au Sahel, a été une démonstration éclatante de l’impasse stratégique française. Huit années de présence, de coopération sélective et de zones interdites aux forces locales ont laissé le Nord du Mali, et Kidal en particulier, sous le joug de groupes armés hostiles à l’État central. La France, au lieu d’aider à reconstruire la souveraineté malienne, s’est enlisée dans une logique d’équilibre instable, parfois ambiguë, qui a fait le lit de l’insécurité chronique.Kidal, symbole de la reconquête nationaleLa prise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMA) constitue un tournant historique. C’est plus qu’une victoire militaire : c’est un rétablissement de l’autorité de l’État sur un territoire que certains voulaient soustraire définitivement à la République. Cette victoire symbolise la rupture définitive avec les complicités internationales qui, sous couvert de paix, avaient figé une situation d’humiliation nationale. Kidal libérée, c’est la promesse réaffirmée d’un Mali souverain et indivisible.La guerre du carburant : le terrorisme soutenu par les plumesMais la déstabilisation n’a pas dit son dernier mot. Les récentes attaques contre des citernes de carburant, notamment sur les axes d’approvisionnement de la capitale, ont été traitées par certains médias français avec une déconcertante légèreté. Non seulement ces actes criminels n’ont pas été condamnés avec la fermeté qu’impose leur gravité, mais certaines émissions publiques ont été le théâtre de propos effarants où des « analystes », dans un élan de nostalgie coloniale ou de haine contre le Mali, ont appelé à soutenir implicitement le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda.Comment expliquer qu’une partie de l’intelligentsia médiatique française puisse exprimer, sans pudeur, une forme de jubilation malsaine face à l’incendie de citernes, à des actes de viols ou d’égorgements de civils innocents ? Comment peut-on banaliser le crime lorsque les victimes sont africaines et que les bourreaux sont les anciens « partenaires » de l’ordre néocolonial ? Ces mêmes groupes qui brûlent des écoles francophones, enlèvent des ressortissants occidentaux et interdisent aux filles d’aller à l’école deviennent, par une gymnastique médiatique honteuse, les héros d’un combat contre les régimes souverainistes du Sahel.Les FAMA : une armée debout, un peuple réveilléFace à cette offensive hybride mêlant attaques terroristes et guerre psychologique, les FAMA ont tenu bon. Mieux, elles ont repris le contrôle de la situation, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi, contraint de fuir, d’éviter la confrontation directe et de s’enfoncer dans la clandestinité.Loin de fragiliser l’État, ces épreuves ont révélé la maturité d’un peuple, la force d’un régime et la cohésion d’une nation. Jamais le peuple malien n’a été aussi solidaire. Les peuples du Burkina Faso et du Niger, membres de l’AES, ont exprimé sans ambiguïté leur fraternité avec le Mali, dénonçant les relais de la Françafrique et les ennemis de l’intérieur.L’AES se consolide dans l’épreuveCe qui avait été conçu comme une opération de fragilisation régionale est en train de se transformer en ciment politique. L’AES sort renforcée de cette séquence. Loin d’être déstabilisés, les trois pays affichent une unité rare, nourrie par une conscience historique commune : celle d’un peuple africain debout, déterminé à en finir avec les tutelles et les manipulations.Le Mali n’est plus une « zone grise » sur une carte militaire française. Il est devenu un symbole. La tombe de la Françafrique. Et chaque agression manquée, chaque campagne médiatique démasquée, chaque victoire populaire ajoute une pierre à ce mausolée où s’effondrent les illusions d’une domination postcoloniale surannée et à bout de souffle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *