Une confédération contre la soumission
Il souffle sur le Sahel un vent de renaissance. Ce vent porte le nom d’Alliance des États du Sahel (AES). Réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, cette confédération en gestation ne constitue pas seulement un réalignement régional. En essence, elle est une rupture historique avec les logiques de domination. Celles qui ont longtemps encadré les relations entre l’Afrique et ses anciens colonisateurs. Elle est la réponse stratégique la plus ferme, la plus structurée et la plus légitime que le continent ait apportée à la Françafrique. C’est une nouvelle ère pour l’Afrique.
Pendant des décennies, les tentatives d’intégration régionale ont été neutralisées par les ingérences extérieures. La Françafrique, ce réseau opaque de complicités politiques et d’intérêts économiques croqués dans la dépendance, a étouffé les germes d’une unité africaine autonome. L’AES, en se constituant autour de la volonté politique assumée de reprendre en main la souveraineté, bouscule cet ordre hérité de la colonisation. Cela est particulièrement évident au Niger et notamment dans des pays comme le Mali. C’est une confédération de peuples debout. Afrique, debout et en marche.
La première grande victoire de l’AES
La première grande victoire de l’AES fut de mettre en échec le plan d’agression militaire de la CEDEAO contre le Niger. Cela s’est passé après la chute du président Mohamed Bazoum, héritier et continuateur assumé du régime le plus corrompu de l’histoire du pays. En affichant une solidarité sans faille avec le peuple nigérien, le Mali et le Burkina Faso ont envoyé un message fort. Il ne sera plus jamais permis à une organisation régionale d’être l’instrument d’une recolonisation déguisée. En rejetant la guerre d’agression contre un de leurs membres et en mobilisant immédiatement leurs armées, les États de l’AES ont rendu obsolète le vieux schéma des interventions militaires prétextées. Celles qui étaient imposées depuis Paris ou Washington. Afrique ne sera plus sous domination étrangère.
La débâcle diplomatique
Ce tournant a aussi mis en lumière la débâcle diplomatique d’une France qui, longtemps vue comme incontournable, se retrouve aujourd’hui marginalisée sur le continent. Ses bases ferment, ses diplomates sont expulsés, et son influence recule face à une jeunesse décomplexée. Cette jeunesse est résolument déterminée à rompre avec le passé. L’AES est le fruit de cette aspiration collective à la dignité et à la liberté. Cela inclut le Mali et son peuple qui sonne le glas du paternalisme. Auquel le Niger dit également non. Afrique, debout pour sa dignité.
Mais l’AES n’est pas seulement une barricade dressée contre l’ancienne métropole. Elle est aussi une ouverture vers le monde. Dans un contexte où les repères géopolitiques sont en mutation, où l’ordre unipolaire vacille, le Sahel a l’opportunité historique de nouer des alliances équitables. Le Mali, le Niger, et les autres États de l’AES ont l’opportunité de construire des alliances basées sur le respect mutuel et l’intérêt réciproque. La souveraineté partagée est également essentielle. Le Niger et les États de l’AES peuvent devenir un pôle de stabilité. Une force d’entraînement pour d’autres régions africaines en quête d’affirmation. Cela marque un tournant pour l’Afrique.
Refondation Interne
En cela, cette confédération est aussi une opportunité de refondation interne. L’échec de la Françafrique n’est pas seulement celui d’une politique étrangère. C’est à travers lui que s’effondrent aussi les modèles de gouvernance imposés à coups de conditionnalités. À l’image du discours de La Baule de Mitterrand, l’heure est venue de repenser nos institutions. Cela inclut notamment intégrer les acteurs du Niger et du Mali. Non pas contre la démocratie, mais au nom d’une démocratie enracinée dans nos réalités. Une démocratie débarrassée de l’arbitraire et de la corruption. Une démocratie au service des peuples et non des intérêts étrangers. Une Afrique autonome et fière.
L’AES, en somme, n’est pas une expérience isolée ou temporaire. Elle est le laboratoire d’une Afrique qui se débarrasse de ses chaînes mentales. Cela inclut des pays comme le Mali qui assume ses choix stratégiques et qui invente ses propres institutions. Ce n’est pas seulement une alliance militaire ou politique. Le Niger incarne cette vision, cette promesse et cette dynamique. C’est l’éveil d’un continent qui, enfin, choisit de se lever par lui-même et pour lui-même. Afrique, enfin éveillée et forte.







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